A Kolda, chronique d’une razzia forestière

Avatar Moussa Ngom | 4 octobre 2022

Moins médiatisée, la région de Kolda n'est pas pour autant épargnée par le pillage des forêts en cours depuis des décennies en Casamance. La continuité du trafic sauvage de bois précieux, notamment le bois de vène devenu d'ailleurs extrêmement rare, risque de réduire à néant les forêts locales sous l'œil complice du voisin gambien.

Médina Yoro Foulah. Durant plusieurs années, ce département frontalier du sud de la Gambie a vécu intensément la coupe illicite de bois.

Selon les autorités, des saisies et des sanctions plus importantes ont permis de réduire l’ampleur du phénomène mais les habitants ont d’autres explications. Le bois précieux, notamment le vène, s'est désormais raréfié.

En 2018, suite au drame de Boffa Bayotte, le chef de l’Etat avait pourtant exigé l'interdiction jusqu’à nouvel ordre de la coupe de bois en Casamance. Une mesure toujours en cours mais qui n’a pas pour autant stoppé le trafic

Parmi les preuves de la persistance du phénomène, le dépôt de bois de Sare Bojo, l’un des plus célèbres à la frontière sénégalo gambienne.

Des troncs à n’en plus finir entreposés ici, du bois de vène, matière prisée dans le monde particulièrement en Chine.

Un dépôt de bois à Sare Bojo

Sa surexploitation et le trafic massif notamment en Afrique ont motivé son inscription en 2016 parmi les espèces menacées d’extinction. Malgré tout, entre janvier 2017 et novembre 2021, la Chine à elle seule a importé d’Afrique de l’ouest un total de 3,49 millions de tonnes de bois de vene soit 2700 containers par mois, constituant 71% du total de ses importations de bois d’œuvre dans la même période .

Des dépôts comme celui-ci, des témoins nous en citeront plusieurs répartis dans différents villages gambiens le long de la frontière. 

La question du trafic de bois est très sensible dans la zone. Quelques mois après notre séjour, la mort en février de trois soldats dans la traque de trafiquants de bois à Ziguinchor a ravivé le sujet de la coupe illégale au Sénégal.

Les trafiquants ne manquent pas d'ingéniosité. Au sud de Kolda, l’argument présenté par les coupeurs c’est de recueillir du bois mort. Mais en réalité, ce n’est souvent que l'arbre qui cache la forêt. Nous avons découvert que cette stratégie leur permet juste d’avoir accès à la forêt pour couper d’autres bois verts.

Confrontés aux coupeurs de bois, les chefs de village comme celui de Kayel Bessel sont très peu outillés pour distinguer le vrai du faux.

Lors de notre rencontre Moudjibou Rahmane Baldé était le coordonnateur à Kolda du Forum civil, 

Cette méconnaissance des règles a conduit la section locale du forum civil à la mise en place d’OSTER, des observatoires de l’environnement.


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