Consommation de chanvre indien : le piège de l’addiction
À Dakar, le cannabis, appelé « yamba », se fume massivement sur les terrasses des maisons, dans les écoles et dans les coins de quartier. Pour certains jeunes, c’est un moyen de se détendre ou d’oublier les problèmes, pour d’autres, la fumée laisse des traces graves : corps chétif, esprit affaibli ou vie bouleversée. Dans la ville, la consommation se banalise, mais peu de structures aident ceux qui souffrent d’addiction.
Il est un peu plus de seize heures à l’Unité 11 des Parcelles Assainies. Le quartier est calme, ponctué des rires des enfants jouant au ballon et du grésillement d’une radio dans une cour voisine.
Devant une petite maison aux murs fissurés, S.S., 24 ans, est assis sur une chaise en plastique bleue. Son corps est devenu frêle et flotte dans ses vêtements trop grands. Ses bras fins, ses clavicules saillantes, ses jambes maigres, tout évoque la fragilité. Ses mains tremblent légèrement, incapables de rester immobiles.
Son visage exprime plus que ses mots : joues creusées, yeux cernés, teint pâle et lèvres sèches. Parfois, un rictus passe sur ses lèvres, comme un sourire à moitié effacé par la fatigue et la maladie. « Je… je ne dors plus… je n’y arrive plus », murmure-t-il, sa voix faible et hachée.
Sa mère, assise sur une natte à l’intérieur, le regarde en silence, les mains tournant un petit chapelet. « C’est le chanvre qui l’a rendu ainsi », dit-elle doucement. « Il était fort, toujours en mouvement, toujours alerte. Maintenant, il n’a plus de force, même pour manger ». Originaire du Fouta, S.S a quitté son village il y a trois mois pour venir se soigner à Dakar.
Là-bas, dans son daara, il était connu comme un jeune appliqué, discret, mais curieux. C’est là qu’il a goûté pour la première fois au chanvre indien, offert par un camarade plus âgé. Ce qui était d’abord une curiosité est vite devenu une habitude. Le « yamba », d’abord tolérable, a peu à peu consumé son énergie, son appétit et sa vitalité.
Aujourd’hui, il ne fume plus, mais les traces de la dépendance sont visibles sur chaque muscle de son corps. Ses gestes sont lents, ses mots hésitent, et son regard cherche un endroit où se poser. C’est l’état dans lequel vivent plusieurs jeunes.
Au quartier voisin de l’Unité 8 des Parcelles Assainies, la nuit avale lentement les derniers mouvements. À partir de 22 heures, le vieux terrain de foot prend une autre vie. Le sable, encore tiède de la journée, s’assombrit, et les lampadaires vacillants projettent des halos jaunes qui découpent des silhouettes en clair-obscur.
Autour du rond central, un groupe de jeunes s’installe comme à un rituel. Ils se posent sur des briques, des pierres plates, parfois directement sur le sol. Les visages émergent par moments des ombres lorsqu’un téléphone s’allume, révélant des regards fatigués. L’odeur du « yamba » commence à flotter, épaisse et insistante.
L’un d’eux se lève, tire de sa poche un petit récipient et craque une allumette. Le grésillement de la flamme trouble un instant le calme. Il allume un morceau d’insecticide (garabu yoo), ce bâton qui crépite en dégageant une fumée âcre, mélange chimique censé brouiller l’odeur du joint qui tourne de main en main. Entre deux bouffées, les échanges se font fluides : un sachet glisse, un billet passe furtivement et une poignée de main scelle un accord.
Puis, sans prévenir, deux d’entre eux se lancent dans une joute verbale, une salve d’insultes qui fuse brusquement. En arrière-fond, les bruits du quartier persistent, une moto pétarade quelque part, un bébé pleure dans une maison voisine, une radio joue une vieille chanson de mbalax au loin. Parcelles Assainies respire autrement la nuit. Sur ce terrain raviné, la jeunesse se retrouve, tue le temps, cherche un coin d’appartenance… pendant que la fumée du pesticide et du yamba dessine, autour d’eux, les contours de leur réalité.
Dans cette marée de jeunes toxicomanes, certains cherchent à se sevrer malgré les difficultés. C’est le cas de M., la trentaine avancée, silhouette ordinaire, regard fatigué. Rien, à première vue, ne trahit le combat qu’il mène depuis plusieurs mois : arrêter le chanvre après des années de consommation quotidienne.
« J’ai décidé du jour au lendemain. Sans médecin, sans programme. J’en avais juste marre de dépendre d’une plante pour tenir debout», confie-t-il.
Les premiers jours, le sevrage est discret. M. parle d’un calme trompeur et rassurant. Il continue de travailler, marche beaucoup et évite les lieux familiers.
« Je croyais que c’était gagné ».
La première crise survient la nuit. Tremblements incontrôlés, sueurs froides et palpitations. Le sommeil est fragmenté et hostile. « J’avais l’impression que mon propre corps m’en voulait.
« Les insomnies s’installent, accompagnées d’une anxiété diffuse et permanente », renseigne le trentenaire. Rapidement, les crises se multiplient. Elles prennent des formes variées : irritabilité extrême, colère sans objet, sensation d’oppression thoracique et vertiges. M. décrit un état de tension continue. « Je ne reconnaissais plus mes réactions. Je pouvais exploser pour rien, puis m’effondrer dix minutes après ».
Le plus difficile, dit-il, n’est pas la douleur physique, mais la confusion mentale. Les pensées tournent en boucle. Le temps s’étire. Le plaisir disparaît. « Même manger n’avait plus de goût. Tout était plat et gris », se rappelle-t-il. À plusieurs reprises, M. envisage de replonger. Non par désir, mais pour faire taire le corps. « Ce n’était plus pour planer. Juste pour arrêter la tempête», dit-il, le sourire aux coins des lèvres. Aujourd’hui, les symptômes s’espacent. Ils n’ont pas disparu, mais ont perdu de leur violence. « Je ne vais pas mieux, je vois plus clair. » Le sevrage, dit-il, n’est pas une victoire spectaculaire, mais une lente reconquête. Une négociation quotidienne avec soi-même.
La dépendance, le nœud gordien

La chambre est basse de plafond, volets clos en pleine journée. Une lumière jaune et fatiguée glisse sur les murs. L’air est lourd, saturé d’une odeur de chanvre froid et de tabac. Sur le sol, on observe des vêtements froissés. Sur la table de nuit, un briquet usé, des feuilles à rouler cornées et un gobelet en plastique servant de cendrier. Rien ne déborde vraiment, mais rien n’est à sa place. Moussa*, 27 ans, est assis sur le lit défait.
Il a le dos légèrement voûté et les épaules rentrées. Son tee-shirt a perdu sa couleur d’origine, étiré au col. Son pantalon glisse un peu trop bas sur les hanches. Son visage est fin et marqué par une fatigue ancienne. Les yeux sont cernés, souvent mi-clos, comme s’ils cherchaient à se protéger de la lumière. Sa barbe est clairsemée et en désordre.
Rien de négligé volontairement, mais une accumulation de détails qui racontent le laisser-aller. Ses mains attirent l’attention. Elles triturent le briquet, froissent une feuille et tapotent le matelas de temps à autre. Même lorsqu’il parle, elles continuent. Le geste est précis et rodé. On devine une mémoire du corps.
Moussa fume seul, ici, toujours au même endroit. Dans un angle de la chambre, des cahiers empilés à même le sol. Série scientifique. Écritures nettes, équations alignées, traits tirés à la règle. Moussa était un élève brillant, reconnu pour sa rigueur et sa capacité de concentration.
« J’étais bien avant. J’avais une vie tranquille et rangée, mais le chanvre m’a littéralement bouleversé. Même mes parents ne m’adressent plus la parole », raconte-t-il, dépité.
L’élève, jadis méthodique, a laissé place à un homme qui organise ses journées autour d’un besoin. La dépendance l’a possédé.
Disponibilité du produit, l’alerte rouge
Au Sénégal, le chanvre indien occupe une place singulière dans le phénomène des drogues. Le croisement des données sanitaires, sécuritaires et douanières révèle un fait majeur : le cannabis est aujourd’hui à la fois la substance la plus consommée, la plus saisie et l’une des plus rentables du marché illicite.
C’est aussi la substance qui provoque le plus d’addictions traitées dans les hôpitaux sénégalais. Selon le rapport de la Division Santé Mentale portant sur l’année 2019, le cannabis est à l’origine de la majorité des nouvelles demandes de prise en charge pour usage de drogues dans les structures psychiatriques et addictologiques publiques.
Ce même rapport souligne que le chanvre indien devance très largement l’alcool et marginalise les drogues dites dures, telles que la cocaïne ou l’héroïne.
Deux ans plus tard, le dernier rapport en date (2021) confirme non seulement cette hiérarchie, mais enregistre une progression de quatre points de la place du cannabis, qui représente 60 % des substances consommées par les patients suivis. Cette stabilité à un niveau élevé traduit une banalisation durable du chanvre indien dans les usages, malgré les politiques de lutte mises en œuvre.

Les deux rapports sanitaires convergent également sur le profil des consommateurs. L’usage de cannabis concerne majoritairement les jeunes adultes, avec un âge moyen situé autour de 27 à 28 ans et une forte concentration dans la tranche des 20 à 34 ans.

L’usage addictif est massivement masculin, même si le rapport 2019 note une féminisation lente mais réelle, encore marginale mais en progression.
Cette réalité sanitaire trouve un écho direct dans les statistiques sécuritaires. Les tableaux récapitulatifs de la direction de l’office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (DOCRTIS) montrent qu’en matière de saisies de drogues, le chanvre indien domine très largement toutes les autres substances.
Sur la période de 2023 à septembre 2025, le cumul des saisies de chanvre indien atteint 11,6 tonnes.
Même lorsque les volumes fluctuent d’une année à l’autre, le cannabis reste systématiquement la substance la plus interceptée, loin devant l’ecstasy, les drogues de synthèse (MDMA/écstasy, amphétamines), le crack, la cocaïne, ou le kush.
Les données des Douanes sénégalaises sur la période 2021–2025 renforcent cette lecture. En 2021, 18,5 tonnes de chanvre indien ont été saisies aux frontières et sur les axes de contrôle. Les volumes ont ensuite diminué, avec 11 tonnes en 2022, 9 tonnes en 2023 et 6 tonnes en 2024, avant une nouvelle intensification observée en 2025.
Saisies de la gendarmerie nationale
En 2025, la lutte contre le trafic de chanvre indien demeure au cœur de l’action de la gendarmerie nationale du Sénégal. Au total, 5,2 tonnes de chanvre indien ont été saisies sur l’ensemble du territoire national, traduisant à la fois l’ampleur du trafic et l’intensification des opérations de terrain. Les saisies se concentrent principalement dans certaines zones stratégiques. Thiès avec 1,6 tonne, suivie de Fatick et de Dakar, cumulent l’essentiel des quantités interceptées.
Elles sont suivies par Diourbel (405 kg) et Ziguinchor (339 kg). Les autres régions affichent des volumes plus faibles mais non négligeables.
Au-delà des quantités, la valeur marchande estimée de ces saisies se chiffre à plusieurs centaines de millions de francs CFA chaque année, illustrant le poids économique considérable du trafic de cannabis et sa capacité d’adaptation face aux dispositifs de contrôle. Mises en perspective avec les rapports de la Division Santé Mentale, ces données révèlent un continuum clair entre l’offre et la demande.
Pourtant, comme le soulignent les rapports de 2019 et 2021, cette centralité du cannabis dans les addictions ne se traduit pas par une réponse publique proportionnée. Les patients sont majoritairement suivis dans des services psychiatriques généralistes, souvent à un stade avancé de la consommation.
Près de la moitié des prises en charge en 2021 ont nécessité une hospitalisation, signe de retards importants dans le repérage et l’intervention.
Dr Maimouna Dieye, addictologue et cheffe de la division de la Santé mentale

« Beaucoup de personnes arrivent tardivement à l’hôpital, lorsque la dépendance est déjà bien installée »
Alors que la consommation de chanvre et de nouvelles drogues de synthèse connaît une inquiétante progression au Sénégal, la parole des spécialistes devient essentielle pour démêler fantasmes, réalités scientifiques et enjeux de santé publique. Psychiatre et cheffe de la Division de la santé mentale au ministère de la Santé, la docteure Maïmouna Dieye éclaire, sans détour, les mécanismes de l’addiction au cannabis, ses effets sur le cerveau, les signes de dépendance et les nouvelles formes de consommation de plus en plus dangereuses. Dans cet entretien, elle démonte les idées reçues, explique comment s’installe la perte de contrôle et alerte sur un phénomène encore largement sous-estimé, entre déni social, vulnérabilités individuelles et mutations du marché de la drogue.
À partir de quel moment parle-t-on réellement de dépendance au chanvre ?
Il faut d’abord préciser que le chanvre est une drogue. C’est une substance psychoactive qui peut être classée dans plusieurs catégories selon la dose et les effets observés.
À faible dose, il agit principalement comme un sédatif. À des doses plus élevées, il peut devenir perturbateur, et dans certains cas hallucinogène. La dépendance commence à partir du moment où la personne n’est plus capable d’arrêter de consommer, même si elle est consciente des conséquences négatives de cette consommation. Il ne s’agit donc pas seulement de la fréquence ou de la quantité, mais surtout de la perte de contrôle.
La personne sait que la consommation lui cause des problèmes, mais elle n’arrive plus à s’en passer. À cela s’ajoutent des conséquences sur le plan social, familial, scolaire ou professionnel.
C’est cet ensemble de critères qui permet de parler de dépendance. Ensuite, il existe différents niveaux de dépendance : légère, modérée ou sévère. Ces niveaux sont déterminés à partir des classifications internationales, notamment la Classification internationale des maladies (CIM) ou la classification américaine, le DSM, qui permet de faire une cotation précise de la gravité de l’addiction.
Quels sont concrètement les effets du chanvre sur l’organisme et pourquoi les consommateurs y ont recours ?
Lorsqu’on parle de drogues, on insiste souvent uniquement sur les effets négatifs. Pourtant, il y a toujours, au départ, des effets recherchés. Si ces effets n’existaient pas, la personne ne consommerait pas.
Dans le cas du chanvre, l’effet le plus fréquemment recherché est la sédation. Les consommateurs cherchent avant tout la relaxation, l’apaisement, le relâchement des tensions, parfois l’amélioration du sommeil.
Certains parlent également d’une meilleure concentration, mais il s’agit le plus souvent d’une perception erronée, qui n’est pas confirmée scientifiquement. Dans la majorité des cas, au Sénégal comme ailleurs, c’est vraiment l’effet sédatif qui motive la consommation, surtout chez les usagers réguliers.
Dans l’imaginaire collectif sénégalais, on associe souvent la consommation de chanvre à la folie. Qu’en est-il réellement de l’impact sur la santé mentale ?
Il est important de préciser que lorsqu’on parle de cannabis, on parle de plusieurs formes. Ce qui est communément appelé chanvre n’est qu’une des formes du cannabis. Il y a aussi le haschich, qui est plus pâteux et qui contient généralement un taux de THC plus élevé, ainsi que l’huile de cannabis, qui est encore plus concentrée.
Les effets sur la santé mentale dépendent essentiellement du THC, le tétrahydrocannabinol, qui est le principal principe actif du cannabis. Plus le taux de THC est élevé, plus l’impact sur le cerveau est important. Ces effets varient également selon les conditions de culture et la forme consommée.
Le THC agit sur le cerveau en se fixant sur certains récepteurs et en perturbant le fonctionnement normal des neurotransmetteurs. Un neurotransmetteur central dans toutes les addictions est la dopamine, qui est impliquée dans le plaisir. La consommation de drogues active ce que l’on appelle le circuit limbique, ou circuit de la récompense.
Lorsque la personne consomme, il y a une libération importante de dopamine. Cette stimulation est parfois nouvelle pour l’organisme, surtout lorsqu’il s’agit de fortes concentrations. À ce moment-là, il y a un déséquilibre. D’autres neurotransmetteurs, comme le GABA, sont également sécrétés et provoquent une sédation.
L’ensemble de ces mécanismes perturbe le fonctionnement neuronal. Le cerveau est exposé à une substance qu’il ne connaît pas et qui est produite en excès. C’est à partir de là que commencent les perturbations neurologiques et comportementales.
Comment ces perturbations se traduisent-elles dans la vie quotidienne du consommateur ?
Progressivement, la personne commence à changer. Elle va abandonner des activités qui étaient importantes auparavant. Elle peut se négliger, ne plus aller à l’école, s’éloigner de sa famille ou de ses amis. Comme le plaisir est désormais principalement associé à la consommation, la personne va rechercher cet état de manière répétée. Elle aura tendance à s’isoler pour vivre ce plaisir de façon intense.
C’est un phénomène très fréquent. Mais, comme pour toutes les drogues, les concentrations de THC, de dopamine et des autres neurotransmetteurs diminuent à un moment donné. À ce stade, apparaissent des sensations désagréables. Pour les éviter, la personne ressent le besoin de « reconsommer », ce qui l’enferme dans un cycle de dépendance.
Peut-on devenir dépendant au chanvre comme à l’alcool ou à d’autres substances ?
Oui, mais le processus d’addiction est complexe. On ne peut pas dire qu’une personne devient dépendante uniquement parce qu’elle consomme. On parle du triangle de l’addiction, décrit par Olivenstein : la rencontre entre un individu, un environnement et un produit.
Une personne peut vivre dans un quartier où le chanvre est disponible sans jamais consommer, parce qu’elle n’a pas de vulnérabilité particulière. À l’inverse, une autre personne, avec des vulnérabilités génétiques ou psychologiques, ayant vécu des événements traumatisants, dans un environnement favorable à la consommation et avec un accès facile au produit, va consommer plus facilement et entrer dans la dépendance.
Comment se manifeste le manque chez une personne dépendante au chanvre ?
Le syndrome de manque se manifeste le plus souvent par une irritabilité importante. La personne s’énerve facilement, parfois pour des choses insignifiantes. Il peut y avoir des troubles du sommeil, une insomnie, une nervosité excessive, une gêne dans les relations avec les autres. Certains peuvent également présenter des tremblements.
Ces signes apparaissent surtout chez les gros consommateurs. Il faut savoir que le THC est stocké dans les graisses. Une personne peut donc arrêter de consommer pendant une ou deux semaines sans ressentir immédiatement le manque. Mais une fois que les réserves sont épuisées, les symptômes apparaissent.
Comment s’organise la prise en charge médicale des personnes dépendantes ?
La prise en charge est multidisciplinaire. Elle commence souvent par les infirmiers, qui réalisent des tests urinaires permettant de confirmer la présence de THC. Ensuite, l’assistant social intervient pour évaluer le contexte familial, scolaire et professionnel.
Le médecin généraliste vérifie s’il existe des répercussions physiques. L’addictologue évalue le type de consommation : occasionnelle, récréative ou dépendante. Il recherche également d’éventuels troubles psychiatriques associés, car avec le chanvre, il est souvent difficile de savoir ce qui est apparu en premier : la consommation ou le trouble psychiatrique.
Enfin, une psychothérapie est proposée, parfois avec l’implication de la famille. Les thérapies cognitivo-comportementales sont particulièrement utiles pour désapprendre les comportements addictifs.
Comment évalue-t-on la gravité d’une dépendance ?
Nous utilisons des questionnaires issus du DSM-5. Chaque critère est coté, puis un score final permet de déterminer si la dépendance est légère, modérée ou sévère.
Vous avez évoqué de nouvelles formes de cannabis particulièrement inquiétantes. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui. Il existe aujourd’hui des formes de cannabis coupées, notamment le Kush. Lorsqu’une drogue est coupée, cela signifie que l’on y ajoute d’autres substances pour augmenter les effets ou les profits.
Dans ces produits, on retrouve parfois, en plus du THC, des opioïdes de synthèse comme le nitazène, ainsi que d’autres sédatifs ou stimulants. Ces mélanges provoquent des effets neurologiques très graves, parfois mortels.
Nous observons également la montée des puffs contenant du THC, des sirops codéinés mélangés à des boissons, du protoxyde d’azote, de l’ecstasy et d’autres drogues de synthèse. Ces produits sont très concentrés, discrets et extrêmement dangereux.
Quel est, selon vous, le principal défi aujourd’hui ?
Le principal défi reste le déni. Beaucoup de personnes arrivent tardivement à l’hôpital, lorsque la dépendance est déjà bien installée. C’est pourquoi la sensibilisation et la prévention sont aujourd’hui essentielles face à ces nouvelles formes de consommation.



Anonyme
27 février 2026 at 14:56
Bravo
Anonyme
27 février 2026 at 16:21
Bravo. Article top 👍
Anonyme
28 février 2026 at 04:03
Très intéressant 👏
Anonyme
28 février 2026 at 14:42
Très bon article.
Anonyme
1 mars 2026 at 13:05
Excellent !!!
Anonyme
1 mars 2026 at 14:00
Bravo, c’est très intéressant et très bien exposé.
Anonyme
2 mars 2026 at 13:22
Bonjour,
Veuillez corriger ce graphe
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La Maison Des Reporters
5 mars 2026 at 01:37
Merci pour votre vigilance, la correction a été faite.